Infiltration d'eau autour de la cheminée : pourquoi cette zone fuit, le rôle du solin et de l'abergement, la souche et le mortier, et comment un couvreur répare durablement. Guide informatif 2026.
Une tache au plafond près du conduit, une trace d'humidité dans les combles le long de la souche : la cheminée est l'une des premières coupables des fuites de toiture. Et pour cause, elle perce le toit de part en part. Voici pourquoi cette zone fuit, ce qui la rend étanche, et comment on la répare pour de bon.
La cheminée est un obstacle planté au milieu de la couverture. L'eau qui ruisselle sur le toit doit la contourner sans jamais s'infiltrer le long de ses parois. Cela suppose une étanchéité parfaite sur tout son pourtour, en amont, sur les côtés et en aval. Or cette zone est très sollicitée et combine plusieurs matériaux, maçonnerie de la souche, couverture, métal du solin. C'est précisément cette complexité qui en fait un point de fuite privilégié dès qu'un élément vieillit.
Deux éléments assurent l'étanchéité autour de la cheminée. Le solin ferme la jonction entre la souche et le toit : réalisé au mortier dans les ouvrages anciens, il est aujourd'hui plus durablement exécuté en métal engravé dans la maçonnerie. L'abergement, ou bavette, est la pièce métallique qui habille le pied de la souche et guide l'eau par-dessus la couverture, en aval. Ensemble, ils forment un collier étanche autour de la cheminée. Quand l'un cède, l'eau entre.
Plusieurs dégradations expliquent une infiltration de cheminée : un mortier de solin fissuré ou décollé, un abergement déformé ou corrodé, des joints de la souche désagrégés par le gel, ou une tête de cheminée abîmée qui laisse l'eau descendre par le conduit. Un conduit désaffecté et mal coiffé peut lui aussi laisser entrer la pluie. Le couvreur identifie laquelle de ces causes est à l'oeuvre, car le remède en dépend.
Devant un solin fissuré, on est tenté d'étaler du mastic ou du silicone. C'est un pansement qui se décolle vite et masque le problème sans le régler. La bonne réparation consiste à reprendre le solin, idéalement en métal engravé, et l'abergement, et à refaire au besoin le mortier de la souche. Reboucher la fissure ne fait que retarder, et aggraver, la fuite.
La souche est souvent au point haut du toit, en pente, et la réparation y mêle maçonnerie et travail en hauteur. C'est dangereux pour un particulier. Le diagnostic se fait depuis le sol et les combles ; l'inspection rapprochée et la reprise du solin reviennent à un couvreur équipé pour travailler en sécurité.
Le couvreur dégage la zone, dépose le solin et l'abergement défaillants, contrôle l'état de la souche et de la couverture autour, puis repose un solin métallique engravé et une bavette neuve, en raccordant proprement à la couverture. Si la maçonnerie de la souche est en cause, le mortier est repris. L'objectif est de recréer un collier d'étanchéité durable, et non un simple colmatage.
Comme pour le reste de la toiture, l'entretien régulier est la meilleure défense. Un contrôle périodique de la souche, du solin et de la coiffe, surtout après les épisodes de gel et de tempête, permet de repérer une dégradation avant la fuite. Une cheminée inutilisée et bien coiffée vieillit aussi mieux. Notre guide d'entretien détaille ces contrôles.
Guide établi le 5 juin 2026 à partir de connaissances métier stables sur l'étanchéité autour des cheminées (solin au mortier ou métallique engravé, abergement, souche) et adossé à nos guides fuite, solin et faîtage. Le diagnostic et la réparation relèvent d'un couvreur ; le mastic n'est qu'un dépannage. Ce site est un service indépendant de mise en relation et n'émane d'aucune autorité publique.
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